A quoi Urbaser ?

Le groupe espagnol avait fait une entrée remarquée il y a quelques années sur le marché français du déchet, remportant plusieurs gros contrats. Aujourd’hui, les problèmes s’accumulent sur un grand nombre de sites. Et la stratégie à long terme de l’entreprise demeure mystérieuse.

Olivier GUICHARDAZ

Il y a une demi-douzaine d’années que la société Urbaser SA, filiale déchets du groupe de BTP espagnol ACS, s’est implantée en France en y créant une filiale, Urbaser Environnement. Son premier gros contrat a été celui de Fos-sur-Mer (tri mécano-biologique alias TMB, incinération, méthanisation et compostage de 410 000 tonnes/an de déchets ménagers pour Marseille Provence Métropole), gagné en 2005 avec sa filiale Valorga International. Puis il y eut celui de Romainville (TMB, méthanisation, compostage de 400 000 tonnes/an pour le compte du Syctom de l’agglomération parisienne). D’autres contrats sont venus grossir le portefeuille de l’opérateur : Calais (méthanisation de 27 000 tonnes/an de biodéchets et de graisses pour le Sevadec), le Sytrad (Syndicat de traitement des déchets Ardèche Drôme) avec trois centres de TMB-compostage pour un total de 150 000 tonnes/an, le Sictom de Guadeloupe (TMB-incinération-méthanisation compostage de 140 000 tonnes/an), plus récemment le projet Canopia à Bayonne, pour le syndicat Bil Ta Garbi (TMB-méthanisation-compostage)…
En outre, Urbaser Environnement s’est aussi, depuis quelque temps, positionnée sur la collecte et sur le
nettoiement urbain. Ainsi, petit à petit, le groupe s’est imposé comme une alternative aux « deux grands » Sita et Veolia et à leurs challengers français habituels : Tiru, Séché Environnement, Coved (qui fait maintenant partie du même groupe que Séché)… Sur le plan de la concurrence, on serait a priori tenté de se dire que cette percée d’un nouvel acteur est une bonne chose pour les clients, et en particulier pour les collectivités locales. Mais un examen plus attentif des choses amène à en douter.
De fait, aujourd’hui, un certain nombre de contrats d’Urbaser-Valorga sont soumis à des aléas politiques, techniques et/ou juridiques dont on peut se demander s’ils ne peuvent pas à terme, faire peser une menace sur la santé du groupe. Ils conduisent en outre, a minima, à s’interroger sur la stratégie à long terme de l’entreprise, ainsi que sur sa capacité technique — ou sa volonté ? — à mener à bien des projets complexes.
Le petit inventaire des sites à problèmes auquel nous essayons de nous livrer ci-dessous ne vise pas à l’exhaustivité. Il est d’autant plus partiel qu’Urbaser n’a pas répondu à nos questions malgré plusieurs relances, et que nous ne pouvons donc pas présenter son point de vue et ses explications…

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