Télérelève : le chasseur des PAV et de coûts inutiles

Apparus il y a une dizaine d’années, les systèmes de télérelève de niveau des points d’apport volontaire ont, depuis, été miniaturisés et fiabilisés. Ils permettent des économies sensibles sur les coûts de collecte. Présentation d’un système utilisé par exemple à Montreuil (Seine-Saint-Denis).  

Olivier GUICHARDAZ

Faire une collecte des points d’apport volontaire (PAV) relève le plus souvent de l’exercice de haute voltige pour éviter deux risques. Le premier est de passer trop tôt et de vider des conteneurs pas ou peu remplis, avec tout ce que cela implique : pour un même tonnage, le camion doit passer plus souvent, faire plus de kilomètres, encombrer davantage les rues ou les routes, donc polluer un peu plus (même si cette pollution est une goutte d’eau dans l’ensemble de celles générées par les activités humaines). Les colonnes d’apport volontaire sont manipulées plus souvent que nécessaire, et elles s’usent donc plus rapidement, de même que le système de relève des camions. Au bout du compte, pour la collectivité locale et/ou le collecteur, et donc in fine pour le contribuable, tout cela se traduit par des coûts en plus, partiellement inutiles. Une forme de gaspillage.
Le deuxième risque est de passer trop tard et de vider des conteneurs plus que pleins, qui débordent. Conséquence pratique dans ce cas-là, les déchets (le plus souvent des bouteilles de verre ou des journaux, magazines et papiers ; parfois des emballages légers) s’entassent sur le trottoir, générant un sentiment de saleté et des risques pour les passants (chutes, blessures…). Le collecteur qui vide les conteneurs doit aussi ramasser les déchets déposés à côté, ce qui prend du temps et comporte aussi, pour lui, des risques. Les citoyens-trieurs râlent et/ou se découragent de trier. Les performances de tri baissent, les soutiens des éco-organismes et les recettes venant des repreneurs suivent la même pente. Enfin, indirectement, la baisse du taux de collecte sélective génère, à l’échelle de la ville, une baisse du recyclage, et donc des impacts environnementaux négatifs (ou pas aussi positifs qu’on pourrait l’espérer).

Dans les deux cas, on l’aura compris, tout le monde (le citoyen-trieur-contribuable, la collectivité, l’environnement…) est plus ou moins perdant, y compris le collecteur, quand son contrat prévoit des pénalités pour cause de conteneur qui déborde.

Le bon moment

Eviter ces deux risques suppose que l’on sache quel est le bon moment pour vider les conteneurs, c’est-à-dire le moment où ils sont déjà bien remplis, mais sans déborder.
Pendant longtemps, cela passait par la mémoire et le savoir-faire des collecteurs. Selon eux, il est possible de connaître, avec l’usage, la vitesse de remplissage des conteneurs dont ils ont la charge. Ils peuvent donc en déduire le moment opportun pour les vider.
Sans dénier l’intérêt de cette méthode, force est de constater qu’elle présente quelques lacunes, en particulier quand le chauffeur habitué de tel ou tel secteur est en congés ou malade, ou quand la collectivité change de collecteur.
Par ailleurs, c’est une méthode qui se base sur le principe que la vitesse de remplissage des conteneurs est toujours grosso modo identique, ou qu’elle n’évolue que lentement. Elle ne tient pas compte des événements plus ou moins imprévus qui font que tel conteneur qui met habituellement 15 jours pour être presque plein met, une ou deux fois par an, 3 ou 4 jours pour arriver au même niveau (pour cause de fête de famille, déménagement, événement sportif ou culturel…), ou à l’inverse plutôt 3 ou 4 semaines. Bref, cette méthode se base sur une estimation et non sur une mesure réelle et en temps réel du niveau de chaque conteneur pris individuellement.

Lire la suite

pro-environnement
Copyright
Plan du site