Stratégie / Répondre aux besoins actuels du marché des énergies renouvelables sans oublier la R&D


Le développement du marché des EnR, fortement encouragé par la politique de l’Etat, s’appuie actuellement sur une forte demande dans le secteur du bâtiment. La pérennité de ce développement dépend toutefois aussi en grand partie de la capacité du secteur à innover et à proposer dans le futur des produits plus performants. Président de PV Alliance et de Soleil en Tête, Eric Laborde mise simultanément sur ces deux tableaux.
Votre réseau de franchisés « Soleil en Tête » est actuellement en plein développement. Quel en est le concept et où en êtes-vous ?
Soleil en Tête est un des premiers réseaux de franchisés dans le domaine de l’équipement des particuliers en énergies renouvelables : solaire thermique, photovoltaïque et pompes à chaleur. Nous comptons actuellement 26 agences avec chacune son équipe composée de commerciaux et d’installateurs formés par nous. Nous prévoyons de couvrir le territoire français en 2012 avec une centaine de franchisés. Outre leur formation initiale, les franchisés disposent de notre centrale d’achats qui nous permet de tester et sélectionner nos produits. Depuis début 2004, nous totalisons entre 600 et 700 installations rien que sur le site pilote qui nous sert aussi d’école. Nous connaissons actuellement une très forte croissance du chiffre d’affaire, qui devrait tripler cette année (2,8 M€ en 2008, 9,8 M€ attendus pour 2009).
Qui sont vos clients et comment financent-ils leur équipement ?
Nous ciblons uniquement le marché des particuliers : nous sommes un peu les « Mobalpa » des EnR. Nos clients peuvent financer eux-mêmes leur installation, mais nous pouvons aussi leur proposer des formules de crédit classiques. Actuellement, le tarif de rachat élevé de l’électricité photovoltaïque permet bien souvent de couvrir les mensualités de l’emprunt nécessaire à l’acquisition du matériel. C’est un peu différent pour les équipements thermiques, qui eux, permettent une économie sur les factures de chauffage, dont on peut considérer qu’elle amortira progressivement le coût de l’installation. Nous n’allons pas jusqu’à investir pour le client en nous remboursant sur ses économies futures ou sur la revente d’électricité : ce modèle économique ne fonctionne que dans les régions les plus ensoleillées.
Vous êtes également président du consortium PV Alliance, qui réunit depuis 2007 le CEA, EDF et le fabricant de cellules et modules photovoltaïques Photowatt. Quel est l’état de ses travaux ?
PV Alliance a été constitué pour mener à bien un très important programme de recherche sur les modules photovoltaïques à haut rendement. Nous investissons près de 220 M€ sur 7 ans pour développer d’un côté un procédé économique de production de cellules « bas rendement » et de l’autre une nouvelle génération de cellules à haut rendement. 50 à 60 personnes travaillent sur le projet à l’INES et au CEA Leti à Grenoble. Nous espérons à terme, en 2014, produire des modules avec des rendements de 20 à 22 % à coût de production raisonnable. Nous construisons actuellement à Bourgoin Jallieu un premier « lab fab », laboratoire de fabrication pour la filière « bas coût sur silicium peu purifié », étape intermédiaire entre le laboratoire et l’usine de production en série. Nous devrions l’inaugurer en octobre. Le « lab fab » pour la filière haut rendement devrait être construit à Grenoble à partir de 2011.
Propos recueillis par B. Mortgat