SOIT DIT EN PASSANT : Le vent a-t-il un sens ?
Bruno MORTGAT,
Rédacteur en chef
Branle-bas de combat, l’affrontement (stérile) entre les pro et les anti éolien repart de plus belle ! Le bilan annuel 2007 de la filière éolienne en France à peine publié, la polémique sur l’intérêt de cette forme d’énergie est à nouveau alimentée par un article anti-éolien publié dans le Figaro Magazine. La fédération Planète Eolienne riposte aussitôt par une « lettre ouverte » au Figaro démontant point par point les arguments de son article. Peine perdue : quatre jours plus tard, c’est au tour du Monde de mettre en cause les éoliennes, en termes néanmoins plus prudents, aussitôt appuyé par plusieurs communiqués de l’association pro-nucléaire Sauvons le climat, vexée de ne pas avoir été citée. Le Medad et l’Ademe jugent alors nécessaire de se fendre d’une note commune « d’information à la presse » rappelant la vérité officielle en la matière, à savoir que « l’éolien contribue à la diminution des émissions de CO2 ». Ils sont rejoints par le Syndicat des énergies renouvelables, lequel publie également un communiqué dans lequel il se félicite de la position du Medad et de l’Ademe.
N’essayons pas de savoir qui a raison et qui a tort. En l’occurrence, cette guéguerre donne lieu à une débauche d’énergie disproportionnée alors que tous les combattants insistent sur la nécessité d’économiser l’énergie, justement.
Rappelons qu’en termes de production, les enjeux de l’éolien sont loin d’être aussi colossaux que ceux du nucléaire ou de la biomasse ; et si l’on regarde la question de l’énergie dans son ensemble, ils ne peuvent pas non plus rivaliser avec les enjeux des économies d’énergie. Avec un parc en croissance de 50 % atteignant 2 455 MW fin 2007, l’éolien français a produit 4,2 TWh, soit un peu plus de 4 % de l’électricité nationale. Pour autant, les objectifs de produire 21 % d’électricité d’origine renouvelable (loi d’orientation sur l’énergie de 2005) et 12 % d’énergies renouvelables globalement (livre blanc européen sur l’énergie) pour 2010 ne pourront être atteints, car la demande globale progresse plus vite que la production d’ENR… Sans remettre en cause l’intérêt évident de l’éolien à long terme, que conclure d’autre qu’à son importance très relative dans le contexte actuel de haute priorité à accorder aux économies d’énergie ?
A ce propos, on notera que des technologies relativement simples (voir notre page « procédé ») peuvent permettre aux gros consommateurs d’électricité de réduire leur consommation de 15 %, un gisement d’économie du même ordre de grandeur que la production éolienne nationale …