Crise : quel rôle pour l’ISR ?

Pour certains, l’investissement socialement responsable (ISR) pourrait être un des outils de sortie de crise. Éléments de réponse avec Michèle Bernard-Royer, journaliste spécialisée dans le développement durable et qui vient de  publier « L’investissement socialement responsable, vers une nouvelle éthique » aux éditions Sefi/Arnaud Franel

 Quelle place occupe l'IRS sur les marchés financiers aujourd'hui ?

Quelles que soient les régions (géographiques), l’ISR reste une niche. Il représente moins de 2 % des encours totaux en France.  En revanche, par rapport à ses débuts, sa notoriété a beaucoup progressé. Son poids dans les médias est plus important que sur les marchés financiers !
Cette niche suscite beaucoup d'intérêt y compris pour les acteurs de la finance classique car son taux de croissance est important. Elle participe également à la diversification des risques.
L'analyse extra financière – qui s'intéresse aux impacts sur
l'environnement, l’emploi, les droits de l'homme, etc. -  tente
d’appréhender d'autres risques que les seuls risques exprimés par les ratios financiers. Certains considèrent que celle-ci permet de se reconnecter aux fondamentaux de l'économie.

 La finance responsable pourrait-elle être la réponse à la crise ?

Deux visions alimentent cette idée. Certains pensent que l'ISR oriente
l'investisseur vers des entreprises susceptibles de rendre notre société plus verte, qui vont dans le sens d'un développement durable et cela pourraient contribuer à une sortie de crise.
D’autres considèrent que l'ISR intègre un questionnement sur notre façon de consommer et sur les modes de production des entreprises, susceptible de déboucher sur de nouvelles règles économiques.

Cette aspiration ne requiert-elle pas de créer de nouveaux outils ?


L'ISR ne dispose pas de définition commune, pas de normes. Pour l’instant, c'est à l'épargnant d'adopter une attitude responsable en réclamant aux vendeurs des produits ISR plus de transparence sur la composition du portefeuille et les techniques de gestion.
Certaines agences tentent d'évaluer l’impact environnemental et social de portefeuilles dits ISR par rapport à ceux qui ne le sont pas. L'exercice ne se révèle pas facile car cette démarche débute et là, effectivement, les outils valides et acceptés par tous les professionnels de la finance manquent. Une chaire « Finance durable et investissement responsable » co-animée par Polytechnique et l’IDEI de Toulouse y travaille.





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