La crise de l’eau est d’abord une crise politique et sociale
« La crise de l’eau est d’abord une crise politique et sociale »
L’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous, tel est le pilier du think tank (re)sources. Experts, personnalités politiques, militants du développement, universitaires et professionnels se mobilisent chaque année à l’initiative de (re)sources pour rappeler l’urgence des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Analyser les évolutions et les blocages et proposer des pistes d’actions pour que la communauté internationale puisse tenir ses promesses.
Cette année, les changements mondiaux ont été au centre de toutes les préoccupations. Pour l’eau et l’assainissement, ils sont aussi potentiellement des freins à l’accès aux services essentiels. Si l’on prend les impacts du changement climatique par exemple : globalement nous allons vers une pression accrue sur les systèmes d’eau potable, et sur les ressources. Alors même que les problèmes actuels d’eau dans le monde proviennent majoritairement de l’homme, et non pas de la nature ; le stress hydrique trouve bien plus son origine dans l’augmentation de la population et de la demande en eau par habitant que des évolutions climatiques en cours. A ce stade, dans les pays en développement, l’accès de tous à l’eau potable est encore une question de priorité politique et non pas de disponibilités de ressources d’eaux brutes.
Il est donc impératif de comprendre et d’anticiper ces changements, telle est la volonté de (re)sources. Afin de fournir des réponses adéquates aux impacts du changement climatique sur les ressources en eau, il est essentiel : De mettre en place une surveillance à court et long terme de ces changements sur la quantité et la qualité des eaux, d’intégrer des mesures d’adaptation dans les projets de gestion des ressources. Enfin, il est impératif d’adapter les politiques et de créer des stratégies durables pour l’eau sans oublier l’indissociable assainissement, dans le cadre de ces changements globaux.
La croissance de la population, l’extrême concentration urbaine, l’élévation du niveau de vie, ainsi que l’accélération du taux d’équipement renforcent la demande en eau. L’accès à l’eau et à l’assainissement est donc avant tout, un problème urbain. La crise de l’eau est d’abord une crise politique et sociale. Crise politique parce que là où l’organisation politique est faible et les moyens financiers alloués à l’eau et à l’assainissement insuffisants, la mise en œuvre de la réponse collective qu’impose la situation est inexistante. Sociale ensuite, car les premières victimes de l’eau sont toujours les populations les plus faibles.
« Il suffirait de 10 à 15 milliards de $ par an pendant une dizaine d’année, pour que la question d’un accès à l’eau universel soit réglée »
Pour maitriser cette pression démographique et urbaine et offrir aux populations des solutions durables, il faut :
- Anticiper ces évolutions démographiques dans l’architecture des réseaux d’eau et d’assainissement dès la conception des nouveaux quartiers et villes.
- Lutter contre les gaspillages et les consommations d’eau superflues. Cela ne se fera sans éduquer les citoyens à la valeur de l’eau en reconnaissant et instituant une véritable hiérarchie des usages.
- Lutter contre les fuites grâce à une maintenance performante des réseaux d’eau, et une gestion des infrastructures de production pérenne.S
-S’emparer du problème des rejets polluants, grâce à des services d’assainissement modernes afin de rendre les villes durables.
Aujourd’hui sur la planète, près d’1 habitant sur 6 n’a pas accès à l’eau potable et 1 habitant sur 3 vit sans système d’assainissement de base. Notre think tank (re)sources, par ses réflexions et opérations de sensibilisation, essaie de contribuer à faire avancer les choses, pour que personne n’oublie la promesse faite en 2000, aux habitants des pays du sud, et pour que les objectifs du millénaire pour le développement reste une priorité absolue. A l’heure des crises bancaires et financières d’importance mondiale, il n’est pas anodin de rappeler qu’il suffirait de 10 à 15 milliards de $ par an pendant une dizaine d’année, pour que la question d’un accès à l’eau universel soit réglée. C’est moins que ce qui été mobilisé aux USA en moins d’une semaine pour faire face à la crise financière…
Patrice Fonlladosa, Co-fondateur du think tank (Re)sources, PDG de Veolia Water Afrique, Moyen-Orient Inde
Le think tank (re)sources est présent sur toutes les grandes manifestations internationales de l’eau et organise chaque année des débats sur des thématiques telles que « l’assainissement, l’oublié des engagements du millénaire », « le droit à l’eau », « le rôle des acteurs institutionnels et opérationnels »... A l’occasion de chacune de ces rencontres (re)sources cherche à clarifier les enjeux et l'articulation entre les principes et la pratique, afin de pouvoir préciser les conditions de réussite des Objectifs du Millénaire pour un accès à l'eau pour tous.
Pour plus d’informations sur (re)sources : www.re-sources-network.com