Le développement des pétroliers vers les énergies alternatives

Le développement des pétroliers vers les énergies alternatives

Par Jacques-François Lethu, Associé KPMG

Beaucoup s’interrogent depuis plusieurs années sur les moyens permettant d’assurer un développement durable à nos économies, de nombreuses énergies alternatives ont ainsi été identifiées. Si certaines sont encore au stade de la recherche, d’autres sont déjà en production. Courant 2008, l’envolée du prix des énergies fossiles leur a donné de nouvelles perspectives. Plus récemment, les corrections observées sur les prix du pétrole et du gaz conjuguées à la crise actuelle, conduisent à s’interroger sur la capacité de ces énergies alternatives à avoir la croissance attendue.
Sur ce marché qui restera en croissance et ce malgré la crise, les principaux acteurs sont les énergéticiens, pétroliers, gaziers ou électriciens, auxquels s’ajoutent une multitude d’autres acteurs industriels, dont un certain nombre de nouvelles sociétés.
Dans ce contexte, KPMG a analysé la stratégie de diversification d’une catégorie de ces acteurs, à savoir celles de quatorze des plus grands groupes pétroliers internationaux. Ceux-ci affichent leur volonté de se développer vers des énergies dites propres pour faire face au triple défi du renouvellement des réserves en énergies fossiles, de la croissance de la demande énergétique et de la lutte contre le réchauffement climatique.
La grande majorité des compagnies pétrolières intègrent cette volonté dans leur communication. De façon spécifique, lorsqu’elles abordent les perspectives d’évolution de leurs activités traditionnelles, elles en viennent assez naturellement à évoquer la question des énergies alternatives et les motivations qui les incitent à prendre en considération l’option qu’elles constituent aujourd’hui, à défaut de mener une réelle stratégie de diversification. Généralement, les groupes pétroliers présentent, dans leurs rapports annuels et rapports de développement durable, la nature de leurs programmes et actions de développement dans ce domaine, ce qui fait d’ailleurs clairement ressortir la grande diversité de leurs démarches.
Il apparaît toutefois que le poids de la diversification menée par ces sociétés vers les énergies alternatives reste encore peu significatif au regard de leurs états financiers. Les compagnies pétrolières semblent peu enclines à évoquer, à l’aide d’indicateurs chiffrés, l’état actuel d’avancement de leurs projets ou la contribution de ces derniers à leurs performances sur le plan financier. Les sociétés pétrolières communiquent avant tout sur la nature des programmes et actions de développement mis en œuvre dans le domaine des énergies alternatives. Pour ce faire, elles adoptent une attitude résolument pragmatique, en privilégiant dans leur communication les informations sur la nature et la finalité des projets poursuivis plutôt que sur l’état actuel d’avancement de ces projets ou sur la contribution de ces projets à leurs performances sur le plan financier.
Les principaux acteurs du secteur pétrolier choisissent majoritairement de s’engager dans le développement de l’énergie solaire, l’énergie éolienne et la biomasse. Il est intéressant de  noter que dix des quatorze sociétés pétrolières de l’échantillon ont retenu l’énergie solaire ou l’énergie éolienne, voire les deux, pour leur diversification. Plus précisément huit d’entre elles ont choisi l’énergie solaire tandis que sept d’entre elles ont opté pour l’énergie éolienne. La biomasse, plus particulièrement les biocarburants, suscite également l’intérêt de 85% des sociétés de l’échantillon. Les biocarburants apparaissent comme le prolongement naturel et logique des activités traditionnelles des sociétés pétrolières. Les groupes pétroliers peuvent recourir pour partie à des actifs déjà existants.
Pour mener à bien ces développements, les stratégies retenues divergent : soit des développements en propre, soit des partenariats avec d’autres industriels ou avec des universités. Les stades d’avancement des projets sont également très variés.
Même s’il apparaît aujourd’hui, grâce à l’étude que nous avons menée, que le thème des énergies alternatives occupe une place toute relative dans la communication des sociétés pétrolières, cette place sera sûrement amenée à croître dans les années à venir, compte tenu des projets de développement en cours mais aussi des annonces faites au cours des derniers mois par les groupes pétroliers.

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