Le marché de l’environnement tiré par la réglementation
Les résultats de la première enquête de l’Observatoire du marché de l’environnement sur les investissements liés à la protection de l'environnement, à la gestion des risques et à la sécurité, confirment que le marché de l'environnement est encore et toujours tiré par la réglementation. Une exclusivité Pollutec et Environnement & Technique.
Bruno Mortgat
L’Observatoire du marché de l’environnement, mis en place en partenariat par Pollutec et Environnement & Technique, vise à apporter un éclairage sur les évolutions de ce marché en constante mutation. Nous publions ici les résultats de notre première enquête exclusive sur les investissements liés à la protection de l'environnement, à la gestion des risques et à la sécurité.

Le panel
L’enquête a été réalisée en septembre 2007 auprès d’un panel de 250 experts, recrutés parmi près de 13 000 visiteurs du salon Pollutec, et composé à 87,6 % de décideurs : ingénieurs, directeurs et responsables.

Le panel de l’observatoire du marché de l’environnement est essentiellement composé de décideurs, ingénieurs, directeurs et responsables.
Près de la moitié des participants 48,8 % travaillent dans l'industrie : agro-alimentaire, automobile, bois, caoutchouc/plastiques, chimie/parachimie, construction navale, électronique/électrique, énergie, instrumentation, métallurgie/mécanique, mines/carrières, papier/carton, pharmacie, pétrole, textile... 27,6 % des répondants ont une activité tertiaire (administration d'entreprise, architecte, assurances, bureaux d'études, commerce, édition, immobilier, imprimerie, ingénierie, informatique...). Le secteur du Bâtiment représente 3,6 % des répondants, le Transport 2 % et les Eco-activités 1,6 % (hors industries). Enfin, les collectivités locales sont bien représentées, puisqu’elles représentent 10,8 % du panel.

La plupart des secteurs d’activité sont représentés dans le panel
Des investissements très présents
Près des trois quarts des membres du panel (74 %) déclarent avoir un ou plusieurs projets d'investissements liés à des problématiques environnementales. Les différents secteurs d’activités sont toutefois concernés à des degrés divers, puisque pour certains d’entre eux, significativement représentés dans le panel, cette proportion est supérieure (77 % dans l’automobile, 80 % dans la chimie et la parachimie, 91 % pour le secteur de l’agro-alimentaire et même 100 % pour le secteur de la métallurgie et de la mécanique). En revanche, elle est plus faible dans les secteurs de la pharmacie (71 %), des bureaux d’études et conseil (65 %) de l’énergie et de la chimie (62 %), des collectivités locales (59 %) et de l’ingénierie (54%), quoique toujours supérieure à 50 %.
La réglementation environnementale, moteur de l’activité et des investissements
La règlementation semble être le premier facteur de mutation des activités des membres du panel dans les domaines environnementaux (64,4 % des réponses). L'innovation (40,8%), la réduction des coûts (30,8%), la pression du marché (26,4%) et des donneurs d'ordres (19,6%) sont également des facteurs importants.

Quels sont les principaux moteurs d’évolution de votre activité dans les domaines de la protection de l’environnement, la gestion des risques et la sécurité ?
Cette pression de la réglementation se traduit tout naturellement dans la motivation des investissements pour l’environnement, qui en sont la conséquence directe dans 50,4 % des cas. Cela est vrai pour la quasi-totalité des secteurs représentés significativement dans le panel, à l’exception des bureaux d’études et d’ingénierie pour qui la première motivation correspond à la nécessité d’innover et de développer leurs technologies, l’évolution réglementaire venant alors en deuxième position, à égalité avec la demande du marché. Dans les autres secteurs, d’autres paramètres peuvent aussi influer avec un poids comparable à celui de la réglementation sur les décisions d’investissement, notamment la réduction des coûts dans le secteur de l’automobile et pour les collectivités locales.

Quelles sont les motivations de vos investissements en faveur de la protection de l’environnement ?
Près de la moitié des projets d’investissements pour le traitement des pollutions
43,2 % des projets d’investissement des membres du panel concernent le traitement des différentes pollutions (eau, déchets, bruit, air, sites et sols), loin devant ceux pour la prévention des risques (28 %), le développement durable (25,2 %) ou encore la maîtrise de l’énergie et la lutte contre le changement climatique (22,4 %). En fonction des secteurs, d’autres types d’investissement sont aussi nettement d’actualité. La prévention des risques fait ainsi jeu égal avec le traitement des pollutions dans le secteur du bâtiment et de la construction et chez les collectivités locales. Elle concentre même le plus grand nombre de projets dans le secteur de l’énergie et de la chimie, devant les projets de développement durable et ceux de traitement des pollutions.

Indiquez, parmi les rubriques suivantes, le (ou les) type d’investissement dans lequel se situe(nt) votre projet(s) ?
Des délais de réalisation plutôt courts
Pour 55,3 % des membres du panel ayant des projets d’investissement pour la protection de l’environnement, le délai de réalisation envisagé au moment du sondage était inférieur ou égal à un an. Il était de 2 ans pour 27,8 % des projets et supérieur à deux ans pour 16,9 % d’entre eux. Il est intéressant de noter qu’un peu moins d’un tiers des projets déclarés en sont encore au stade de l’hypothèse ou de la réflexion et que donc d’une part, environ deux projets sur trois sont effectivement déjà engagés, et d’autre part, que les délais de maturation des projets sont globalement courts, avec sans doute environ 15 % des projets qui aboutiront avant deux ans bien qu’encore au stade des préliminaires. On note également que les membres du panel déclarent le plus grand nombre de leurs projets (plus de la moitié) aux stades de l’étude préliminaire ou de la réflexion, ce qui semble indiquer que leur visite sur le salon Pollutec joue un rôle important dans le passage à la phase concrète de leurs projets. Environ un tiers des projets déclarés ont pour leur part dépassé le stade de la décision d’exécution : ils en sont à l’étape de rédaction du cahier des charges détaillé, à la recherche de fournisseurs, ou sont déjà en cours de réalisation.

Délai de réalisation de chacun des projets
En ce qui concerne les montants alloués aux investissements environnementaux, plus d’un quart des projets des membres du panel ayant renseigné la question (28,5 %) portent sur des sommes inférieures à 30 000 € et plus de la moitié (62,8 %) tiennent dans une enveloppe de 200 000 €. Seuls 16,6 % des projets portent sur des montants supérieurs à 1 M€, et 37,2 % sur plus de 200 000 €.

Montant global prévisionnel de chaque projet