PCB / Axelera se penche sur les futures techniques de traitement
Dans le cadre du plan PCB du MEEDDAT, le pôle de compétitivité Axelera met en musique un vaste programme de recherches pour mettre au point et tester des techniques de dépollution des cours d’eau contaminés par les PCB.
Suite au plan national d’action sur les PCB décidé en 2008 par le MEEDDAT, le pôle de compétitivité rhônalpin Axelera a dévoilé en avril les axes de recherche de son programme PCB-Axelera. Durant 40 mois, celui-ci mettra les compétences de recherche de ses participants au service de l’étude de solutions biologiques, physico-chimiques et thermiques de dépollution des cours d’eau contaminés par les PCB (polychlorobiphényles).
Polluants persistants
Les PCB étant des polluants particulièrement persistants, on les retrouve aujourd’hui dans de nombreux fleuves, où ils ont tendance à s’accumuler dans les sédiments, puis dans la chaîne alimentaire, en particulier dans les graisses des poissons. D’ici 2012, certaines techniques explorées par le programme PCB Axelera devraient permettre le traitement des PCB des cours d’eau les plus pollués. En voici quelques exemples :
- la stabilisation-solidification, qui vise à emprisonner les PCB dans une matrice cimentière solide, technologie analogue à celle couramment utilisée en CET de classe 1; (projet Stat PCB, mené par Sita et l’Insa Lyon)
- le traitement sur charbon actif : ce type de matériaux, très poreux, possède une grande surface spécifique susceptible d’adsorber les PCB. Cette technique s’appliquant sur les sédiments, elle implique toutefois un dragage du fleuve au préalable (projet PCB Sedica, mené par le CNRS IrceLyon, et l’Insa Lyon) ;
- la biodégradation par champignons résistants aux PCB : de tels champignons ont été observés sur des sites pollués. Après leur isolement, leurs performances métaboliques sont testées et des améliorations génétiques sont éventuellement effectuées pour les rendre plus efficaces (projet Fungi Eat PCB, mené par le CNRS Leca et l’Insa Lyon)
- la déchloration biologique : ce traitement reposera sur des bactéries anaérobies capables de retirer le chlore des PCB, généralement les plus toxiques (projet Biodechlor, mené par Sita et l’Insa Lyon)
- des recherches sont également menées en vue de démontrer l’innocuité du traitement thermique des PCB et en faciliter l’acceptabilité sociale, (projet Desther PCB, mené par Atanor, et l’Insa Lyon).
Financements publics
Outre les techniques de dépollution, le programme a pour but de développer différents outils visant à mieux comprendre les phénomènes de contamination, et évaluer et analyser les taux de contamination par les PCB. Piloté par Suez Environnement, il est doté d’un budget de 10,5 millions d’euros. Les fonds publics représentent 54 % de son financement (FUI : 49%; Feder : 19% ; collectivités locales rhônalpines : 32%).
Maryline Morin
Plus d’infos : cf. « Pollution aux PCB: un problème "nouveau" pour une pollution ancienne » ; E&T n°278 ; Juillet/Aout 2008 ou sur www.pro-environnement.com.