Axelera développe l’usine chimique de demain

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« Conjuguer chimie et environnement », c’est l’ambition du pôle de compétitivité Axelera, basé en Rhône-Alpes et qui comprend aujourd’hui 140 adhérents. Depuis sa création en 2005, Axelera a lancé plusieurs grands programmes de R&D. Quelques exemples : la valorisation des espaces naturels par la maîtrise de la qualité de l’eau, le tri et la valorisation de plastiques issus des DEEE et l’intensification des procédés en usine. Ce dernier programme s’inclut dans la thématique « l’usine du futur » et vise à limiter les pollutions générées par l’industrie. Selon Sophie Jullian, vice-présidente Innovation et Entrepreneuriat à Axelera, la forme que prendra l’usine de demain dépend de notre capacité à remettre en question le modèle actuel.


« L’usine du futur » est une des cinq thématiques développées par Axelera. À quoi ressemblera cette usine ?

Trois degrés d’évolution sont possibles. Premier cas : l’entreprise souhaite garder les mêmes usines et fabriquer les mêmes produits. Il est alors possible de diminuer la consommation d’énergie et de limiter les impacts environnementaux en retraitant les déchets. L’entreprise peut aussi, dans un deuxième cas, aller plus loin. Après avoir défini la fonction du produit final, le process de fabrication est modifié pour limiter son impact sur l’environnement. Par exemple en privilégiant des matières premières issues du végétal, comme l’amidon. Troisième possibilité : l’entreprise décide de repenser totalement sa production. La fabrication ne serait plus centrée dans de grosses usines, mais dispersées là où le produit est utilisé. L’entreprise apporte au client la fonction pour concevoir le produit. Par exemple, les matières premières nécessaires pour fabriquer des détergents, shampooings ou cosmétiques seraient produites autant que possible sur place au lieu d’être importées. Cette organisation permettrait de relocaliser de l’emploi et d’économiser de l’énergie.

Le programme de recherche « Intensification des procédés », mené de 2005 à 2009, a porté sur cette thématique d’ « usine du futur ». Quelles innovations ont été développées ?


Nous avons démarré une unité pilote en distillation réactive. La réaction et la distillation sont réalisées au même endroit alors qu’habituellement la réaction (chauffer les produits A et B pour obtenir un composé C) et la distillation (chauffer le composé C pour le purifier) sont séparées. Regrouper ces deux étapes permet de gagner de la place et de l’énergie. Le prototype a été expérimenté chez le groupe chimique Rhodia. Plusieurs applications ont été identifiées, mais le coût d’investissement reste un frein important. Une unité pilote de réacteur filaire a également été mise en place. Le principe : réaliser certaines expérimentations dans un volume très réduit et pouvoir les extrapoler sur une usine. Cette technologie évite la construction de prototypes de grande taille. Au final, 15 brevets ont été déposés dans le cadre de ce programme de recherche.

Sur cette thématique, y a-t-il d’autre projets en cours ?

Oui. En novembre, Axelera a déposé un projet de prototype pour réduire les rejets salins (l’eau salée). L’objectif : une « usine sèche », avec zéro rejet. Ces travaux viseraient à réduire la production de sels en modifiant les procédés, et à traiter les rejets existants pour pouvoir les réutiliser. D’autres projets sont à l’étude, notamment sur des outils de modélisation et d’éco-conception de procédés.

Propos recueillis par Lydie Bahjejian

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