TIC et DD, un mariage vert ?

TIC et DD, un mariage vert ?
Le couple TIC/ DD semble porteur de pistes prometteuses pour l’environnement à condition de l’accompagner et d'encourager les transversalités. Précision avec Gilles Berhault, président de l’« Association communication et information pour le développement durable » (ACIDD).
Quels sont les enjeux territoriaux pour le couple TIC / DD ?
Ces outils vont jouer un rôle dans différents secteurs comme les bâtiments, la mobilité, la démocratie participative, etc. Cela amène une question majeure sur les territoires : celle de la compétence. Aujourd'hui, nous manquons totalement de coachs du DD 2.0 : c’est à dire des personnes à la fois capable de mobiliser, de former et de jouer un rôle de lien entre le DD et les TIC. Pour l'instant, les formations transversales dans ces deux domaines n’existent pas.
Depuis un an, cependant les choses bougent.
Quelques régions, comme Rhône-Alpes ou Nord-Pas-de-Calais, ont compris l'intérêt de relier le DD aux TIC. Dans certains agenda 21, cette complémentarité apparaît.
Comment réduire l’empreinte écologique des TIC?
Il reste beaucoup à accomplir même si les industriels font des efforts. Il faudrait initier des démarches de mutualisation. Par exemple, ne plus installer trois réseaux d'émetteurs dans les campagnes, ce qui multiplie d’autant l'électricité consommée, les ondes électromagnétiques, etc.
Autre point : instaurer un comportement « eco-friendly ». Les Internautes aujourd'hui n'ont pas conscience de leurs responsabilités de consommateurs. Une photographie envoyée par email ou qui reste stocké dans un ordinateur n'a pas besoin de faire 4 à 6 méga. Ce comportement, comme celui d'envoyer des fichiers pdf à de nombreux destinataires alors qu’ils pourraient être accessibles en téléchargement, augmente la consommation des réseaux.
Quels sont les risques des TIC ?
Il y a effectivement des risques d'addiction au même titre que les jeux vidéos. Comme tous les autres médias, nous pouvons également rencontrer des formes d’escroqueries et de manipulations. Si une éducation solide aux technologies de l'information n’est pas mise en place dés le départ, des problèmes socioculturels peuvent apparaître. Cet apprentissage implique une familiarisation mais surtout savoir comment vivre, se comporter avoir des échanges avec réseaux sociaux.
Les TIC sont essentiellement un outil de pays riches, comment y remédier ?
Le gros problème reste les réseaux. Aujourd'hui, le coût de la bande passante est plus élevé dans les pays en développement, notamment en Afrique que dans les pays riches. Cela a été un des enjeux majeurs du sommet mondial de la société d'information organisée à Genève et à Tunis. A l'initiative du président sénégalais Abdoulaye Wade, un fond mondial de solidarité et une agence de la solidarité numérique ont été créés.
Pour l’éducation et le social, nous pouvons nous contenter de machines de seconde main, mais pour l’économie, les outils doivent être les mêmes que les pays riches.
Le fait que Nathalie Kosciusko-Morizet ancienne secrétaire d'état à l'écologie devienne secrétaire d'État à la Prospective et à l'Économie numérique est un signe positif pour vous ?
La grande question du secrétaire d'état, ce sont ses moyens. Le plan numérique 2012 est ambitieux mais il n'a pas intégré les questions du développement durable comme le Grenelle n’a pas abordé le numérique. Que Nathalie Kosciusko-Morizet, très motivée et compétente sur les aspects DD, se retrouve à ce poste est très intéressant mais reste à vérifier les moyens dont elle disposera.
Au niveau européen, sa nomination a toutefois été vécu comme un signe d’encouragement.
Pour en savoir plus :
http://www.acidd.com/
Gilles Berhault est président de l’« Association communication et information pour le développement durable » (ACIDD) et du forum européen TIC21. Il développe les perspectives et les écueils du couple TIC/ DD dans l'ouvrage Développement durable 2.0, L'internet peut-il sauver la planète? Editions de l'aube, Diffusion Seuil

Nouvel outil pour le DD : les TIC
Télétravail et réunion à distance, optimisation des transports et des déplacements, e-commerce, dématérialisation des procédures administratives, minimisation des consommations énergétiques des bâtiments : selon un rapport remis au gouvernement début mars (1), les technologies de l'information et de la communication (TIC) contribueront à un développement durable. Les auteurs (2) estiment que ces dernières pourraient permettre d’économiser de 1 à 4 fois leurs propres émissions de GES. Les TIC permettent en effet des gains dans l'ensemble de l'activité économique et plus particulièrement dans les secteurs du transport et du bâtiment. Si ces technologies semblent prometteuses, elles restent cependant énergivores. Leur consommation atteint aujourd'hui près de 13,5 % (entre 55 et 60 Twh par an) de la demande d'électricité française. La filière de récupération et de traitement de leurs déchets n'est également pas optimale : la France serait 2 à 4 fois moins efficace que ses voisins européens en la matière. De la mise en place d'un observatoire à l'optimisation de la durée de vie des téléphones mobiles, ce rapport trace également 19 pistes pour améliorer l'empreinte des TIC. Un groupe de travail Eco-TIC va ensuite se pencher sur les moyens pour rendre opérationnelles ces mesures.
(1) Jean-Louis Borloo et Christine Lagarde ont demandé en avril 2008 une évaluation des impacts écologiques des TIC. (2) Le rapport « TIC et développement durable » a été réalisée par le Conseil général des technologies de l’information et le Conseil général de l’environnement et du développement durable, en collaboration avec l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes.
Pour en savoir plus : http://www.telecom.gouv.fr