> Rubrique Internationale / Quand l’Europe et la Chine se penchent sur le recyclage

Recyclage

Recycler grâce à la technologie RFID

Par Marie-Françoise GLOTZ,
Vice-présidente, Solutions d’identification – Logistique et Industrie pour HID Global

Des recherches récentes menées par Eurostat ont démontré que le Royaume-Uni était l’un des pays ayant le plus faible de taux de recyclage en Europe. Ce pays recycle seulement 23 % de ses déchets municipaux et envoie plus de détritus en décharge que n’importe quel pays d’Europe. De sérieuses statistiques du Department for Environment, Food and Rural Affairs/DEFRA (Ministère de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales) indiquent qu’en seulement une semaine, le Royaume-Uni produit suffisamment de déchets pour remplir le stade de Wembley – dont plus de la moitié peut être recyclée. La situation est si préoccupante que les chiffres de l’Association gouvernementale locale prévoient que les taux actuels de déchets mis en rebut au Royaume-Uni pourraient atteindre les limites de capacité des décharges en 2018.

Le Royaume-Uni est malheureusement rattrapé par une nouvelle et triste réalité en termes de déchets – tous les chiffres pointent une chose : trop de déchets, trop peu d’espace. Le pays génère quotidiennement un volume alarmant de déchets et ne recycle pas autant qu’il le pourrait. Si l’objectif de réduire le volume de déchets envoyés vers les décharges n’est pas atteint rapidement, les contribuables pourraient faire face à d’importantes pénalités financières pour un manquement au devoir de recyclage et/ou pour le dépôt excessif des déchets.

Quelles sont donc les étapes qui peuvent être franchies pour améliorer la situation ? Quels outils sont disponibles et quelles leçons pouvons-nous tirer des pays qui montrent l’exemple en termes de recyclage ?
Avec des coûts toujours plus élevés dans les processus de traitement des déchets, une réduction des capacités des décharges et un intérêt croissant des consommateurs pour le recyclage, la technologie RFID (Identification par radiofréquences) joue un rôle de plus en plus important pour permettre aux villes du monde entier de développer des processus de recyclage efficaces et pour améliorer l’efficacité de leurs opérations de traitement des déchets.

La RFID appliquée à la collecte des déchets
En pratique, comment fonctionne cette technologie ? On commence par fixer une puce/étiquette RFID sur le bac à déchets. Les bacs à déchets et poubelles sont exposés à la pluie, à la saleté, à la neige et à la glace et doivent supporter d’être lâchés, retournés ou jetés. Cette puce/étiquette est donc spécialement conçue pour protéger les fragiles microcircuits qu’elle contient dans ces environnements difficiles. Généralement, le numéro d’identification unique d’une puce/étiquette est associé à un bac de collecte et l’adresse du propriétaire de ce bac est enregistrée dans une base de données. Un lecteur/antenne est installé dans le camion de collecte des bacs ; il détecte l’identifiant de la puce/étiquette lorsque chaque bac est vidé. Les données collectées à partir des puces/étiquettes, qui peuvent être tracées et liées à l’aide d’un horodateur, permettent aux opérateurs de contrôler la qualité du tri des déchets, d’effectuer un suivi du nombre de fois qu’un contenant est présenté pour la collecte de déchets et d’effectuer un suivi sur le poids de son contenu. Ces informations peuvent être envoyées directement à un ordinateur hôte à l’aide d’un dispositif de connectivité sans fil 802.11. Les données peuvent également être enregistrées sur l’ordinateur de bord du véhicule de collecte et ensuite transférées à un système central de gestion des déchets pour que celui-ci les traite.

Cela peut paraître fastidieux mais comment ce dispositif permet-il d’améliorer considérablement la gestion des déchets ? La technologie RFID permet essentiellement aux municipalités de contrôler la collecte des déchets. Les lecteurs enregistrent l’heure exacte et le lieu de collecte des déchets. Ceci permet de rapporter des données de façon plus économique, plus rapide et plus précise ; cela élimine le besoin de saisie manuelle des données, permet d’effectuer une facturation plus détaillée pour les clients professionnels et offre un meilleur contrôle du rendement des sous-traitants. La collecte des données peut être effectuée à l’aide de dispositifs manuels qui enregistrent chaque point de transfert ; les informations peuvent être intégrées aux systèmes de calendriers des collectes, numéros de commandes et facturations, ce qui élimine le besoin de saisie manuelle ou la duplication des données. Grâce à toutes les données qui sont collectées au fil du temps, les opérateurs ont les informations dont ils ont besoin pour analyser les volumes moyens collectés par zone. Lorsque l’analyse révèle qu’une zone ou une résidence n’est pas dans la norme en termes de volume de déchets ou de recyclage, la municipalité locale peut choisir d’encourager au recyclage à l’aide de primes ou d’amendes.

Retours d’expérience
Les puces/étiquettes RFID apportent également un niveau de contrôle sans précédent et une traçabilité dans la mise au rebut des matières dangereuses ou autres déchets à risques : les données qu’elles collectent peuvent être utilisées pour identifier, placer dans une zone sécurisée et contrôler les éléments à mettre au rebut.
Au Royaume-Uni, la collecte de déchets des particuliers est gérée par les municipalités locales ; le recyclage est plutôt pris en charge par chaque particulier. Cependant, dans de nombreux pays, la collecte des déchets est effectuée par des entreprises privées et les foyers payent en fonction du poids de leurs déchets. Certains pays avant-gardistes utilisent les données que génère la technologie RFID pour inciter les consommateurs à recycler. En plaçant une puce/étiquette sur chaque bac, les opérateurs peuvent peser les déchets ; ce calcul permet ainsi aux consommateurs qui recyclent de pouvoir bénéficier de réductions intéressantes. Par exemple, le Groupe AMCS en Irlande a créé une solution basée sur la technologie RFID qui permet de peser les déchets dans le camion et d’enregistrer automatiquement les données pour le foyer en question. L’avantage est que les foyers ne payent pas pour les produits de recyclage collectés, mais seulement pour les déchets non recyclés. Par conséquent, plus les consommateurs recyclent, moins ils payent.
Un programme similaire a été mis en place dans la ville de Philadelphie, aux États-Unis. Les résidents reçoivent une poubelle équipée d’une puce/étiquette RFID à basse fréquence, ce qui permet d’identifier chaque foyer. Le jour de la collecte des déchets, chaque poubelle est placée sur une échelle, identifiée par la puce/étiquette RFID et par le lecteur, puis pesée. Le système contrôle le volume mensuel de produits de recyclage de chaque foyer et les foyers reçoivent ensuite un bon de réduction ou d’achat qui peut être utilisé dans plus de 300 enseignes de magasins. Suite à la mise en place des étiquettes RFID, la ville est passée du taux de recyclage le plus bas de son pays (6 %) à un taux de recyclage exceptionnel (90 %).

À Cleveland, dans l’Ohio, est en cours de mise en place un programme dans lequel les résidents qui ne recyclent pas leurs déchets devront payer une amende de 100 dollars. La municipalité de la ville est en train d’investir 2,5 millions de dollars pour équiper 50 000 bacs de puces/étiquettes RFID et les camions de collecte des déchets de lecteurs. Elle a toute confiance en ce programme puisqu’elle estime qu’il sera très bénéfique grâce à l’argent qu’il permettra de gagner sur la vente des produits recyclables. Les informations collectées par les puces/étiquettes RFID permettront également à la municipalité d’identifier les zones dans lesquelles les efforts de communication et d’informations sur le recyclage doivent être effectués.

Le succès de cette approche est basé sur l’incitation et la récompense – par opposition au Royaume-Uni où le recyclage est laissé à la bonne volonté du consommateur. Introduire des programmes « Payez en fonction de vos déchets » pour inciter les consommateurs à recycler pourrait toutefois être une option à creuser. Idéalement, les puces/étiquettes RFID sur les poubelles de déchets non recyclés et de déchets recyclés pourraient alors être considérées comme un avantage plutôt que comme une taxe arbitraire. Elles pourraient ainsi permettre de redorer l’image du recyclage : non seulement les foyers se donneraient bonne conscience en termes de respect pour l’environnement mais ils réduiraient également leurs dépenses.
En définitive, réduire la mise en décharge et encourager le recyclage dépendra de processus plus efficaces et d’un engagement plus judicieux avec les consommateurs. La technologie RFID n’est qu’un outil – elle fournit un moteur équipé d’une base de données. Mais si les gouvernements et les propriétaires réfléchissent à l’idée de l’intégrer à des programmes d’encouragement au recyclage, la RFID pourrait être un élément capital qui aiderait le Royaume-Uni à mieux gérer ses déchets et à améliorer son taux de recyclage.

Plus d’infos : www.hidglobal.com

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